23 mars 2009
Perles de reservation
J'invente rien ici mais les perles c'est toujours bon a lire... alors quelques morceaux choisis de conversations avec mes clients
par mail
"After checking through the web booking and find that there is not sufficient
dorm for me and my son to stay. At the moment left one and for 3 Apr 09 is
fully booked. my prefer stay is from 2 apr 09 til 5 apr 09 with together of 2 persons.
online booking only left with one, so thought of writing to you to check if
there is a chance of getting us staying together.
Eager traveller waiting for your reply asap...... :-p
"
par mail
"I apologize for mailing you so frequently.
I am contacting you to inform you that I wish to make changes to the 3-day reservation that I have made.
After long and careful consideration, I have decided that the potential safety hazards and inconveniences of the current situation are too great to ignore.
"
via notre formulaire electronique
"
Total = 4_people
Preferred_room_type = triple only
Comment = Must sleep four people but be private to just us four.
"
par telephone en japonais
"
bonjour je voudrais faire une reservation
oui c'est pour quelles dates ?
oh a partir de debut mars
excusez moi j'ai besoin de dates precises
alors a partir du 1er mars
d'accord, jusqu'a quand ?
tout le temps
pardon ?
je veux vivre chez vous tout le temps
je suis desole mais je ne suis pas sur de comprendre
je veux reserver une chambre et y vivre pour toujours
euh je suis desole mais je suis pas sur que ce soit possible, enfin si c'est possible mais enfin ...
ah bon, alors c'est pas possible de vivre chez vous ?
je suis desole non. nous sommes un hotel, pas un endroit pour vivre. vous comprenez la difference ???
ah bon bon d'accord
"
par skype
"
bonjour je voudrais faire une reservation
oui c'est pour quand ?
bein je sais pas vraiment
excusez moi mais si vous ne savez pas quand vous voulez venir je ne peux pas prendre votre reservation
ah oui c'est vrai ca, bon je vais y reflechir et je vous recontacterai quand j'aurai fixe des dates
oui ca sera tres apprecie
"
par skype
"
we have a reservation at your guesthouse from the 22nd
of february, does it means we will stay at your guesthouse on the 22nd
of february ?
"
a la reception
"
dites, comment ca se fait que les japonaises elles sont toutes malades comme ca ?
euh que voulez vous dire ??
bein vous avez pas vu leur jambes ?
... vous voulez parler des japonaises qui ont les pieds rentrants ?
oui ! c'est horrible ! qu'est ce qui leur est arrive ?
mais ... c'est comme ca enfin, c'est genetique .. enfin ca se sait quoi, c'est comme les yeux brides ... vous voyez ...? (la j'etais tres embete car une des deux clientes etaient d'origine asiatique, j'etais mort de trouille de dire quelque chose qui la vexe !)
oh les pauvres c'est affreux !!
bein euh de mon point de vue c'est plutot mignon mais bon ...
(la elles m'ont devisage avec un regard incredule et sont parties sans rien dire ..!!)
Tags : Au boulot, Communication, Perles
07 février 2009
Evolution de la langue
Quand on etudie une langue, etrangere ou non, c'est bien entendu dans le plus grand respect des regles grammaticales et en essayant d'enrichir son vocabulaire au maximum. Autrement dit, une version assez differente de celle qu'on entendra dans la rue ou qu'on utilisera finalement 'entre copains'. Quand j'allais a l'ecole de langue, les profs nous racontaient que leurs amis leur trouver toujours une facon de parler un peu speciale. A force de coller au plus proche du japonais le plus propre ca les 'deformait'.
Autre exemple amusant, j'avais la premiere annee ou je suis arrive au Japon une amie russe, chercheuse specialisee dans l'histoire ancienne japonaise. Elle etait vraiment hyper calee sur son sujet : l'ere Nara (de 710 a 794). Mais a force de passer son temps dans des manuscrits de plus de 1200 ans, qu'elle lisait sans probleme, elle s'etait mise a parler un melange de japonais de cette epoque et de japonais contemporain. Ca faisait toujours enormement rire Junko.
Parfois ca peux provoquer des situations un peu paradoxales, ou celui qui maitrise le moins la langue peut expliquer un point de grammaire a celui qui la maitrise le mieux (cette phrase aussi est un peu paradoxale :-) ). Par exemple, je demandais un jour a mon chef comment dire "je vais arroser les fleurs". Je voulais en fait la traduction du verbe 'arroser' (撒く, maku), mais comme ca lui revenait pas il m'a propose ce qui lui venait immediatement a l'esprit : 花に水をやる (hana ni mizu wo yaru) qui donnerait litteralement "je fais de l'eau au fleur". Mon chef etait doublement embete parce que d'une part il se rappelait plus du verbe arroser et d'autre part il venait de se demander pourquoi diable on emploie le verbe yaru (faire) ici. En fait moi j'avais compris pourquoi mais sachant qu'il le prend toujours a moitie mal quand je lui explique un truc qu'il connait pas j'ai rien dit. Le verbe yaru n'est pas ici employe dans son sens de faire mais celui venant du triple sashiageru-ageru-yaru, utilise pour indiquer si l'action est faite dans le but d'un superieur/egale/inferieur hierarchique. Donc la traduction correcte en francais de ce 'faire deferent' devient bien "je donne de l'eau aux fleurs".
Le japonais 'trop propre' qu'on etudie peut donc poser des petits problemes, mais il permet aussi d'etre temoin de l'evolution de la langue. Evolution qui va bien sur dans le sens de la contraction, de la simplification, pour aller plus vite et moins se fatiguer la cervelle parce que l'homme est ce qu'il est ;-) Exemple, la terminaison negative 'nai' qui se reduit a sa premiere lettre 'n' (wakaranai -> wakaran'). Des fois les Japonais en son conscient, des fois non. Je me dit que ca doit venir de l'epoque ou la transformation a eu lieu. Plus elle est eloignee plus elle acquiert de normalite, si elle ne disparait pas en cours de route, et on oublie d'ou elle vient, et si elle n'affecte qu'une zone geographique reduite elle devient dialecte locale, si elle n'affecte qu'un groupe elle devient dialecte sociale. Exemples : 面白い (omoshiroi, amusant) qui devient omoroi, ca tout le monde sait d'ou ca vient, c'est un raccourci fabrique par les jeunes d'aujourd'hui, et ca ne 'merite' pas (encore) d'autre statut; de meme, すみません (sumimasen, pardon) qui devient suimasen; par contre le 'wakaraen' du dialecte d'Osaka, et encore plus le 'nan' a la place de 何 (nani, quoi) semblent percus comme ayant "toujours ete comme ca" si je demande aux Japonais autour de moi, mais le 'n' n'est en fait apparu qu'a l'ere Edo (1603-1867).
Mais revenons sur le "qui va bien sur dans le sens de la contraction, de la simplification". J'entends souvent ca et a chaque fois il y a quelque chose qui me gene. Si une langue ne fait que se simplifier ca veut dire que plus on remonte dans le temps et plus elle etait riche et complexe, ca fait un beau pied de nez a l' "evolution de nos societes" et je m'amuse a imaginer l'homo australopithecus en train de converser dans une langue raffinee et regie par une grammaire savante ;-) Un peu plus objectivement on pourrait essayer de s'amuser a chercher la courbe de complexite d'une langue a travers les ages. Est ce qu'elle est partie de rien, a atteint un pic puis est en train de retomber vers le primitif ? Est ce qu'elle dessine des cycles autour d'un axe stable, ascendant, descendant ? Les scenarios possibles sont legions... Amusant non ? En tout cas, en pretant son oreille a d'autres que les vieux bougons que l'evolution effraie car elle represente la fin de 'leur' temps et donc la leur, on trouve aussi des evolutions modernes dans la direction du complexe. Les verbes japonais se terminent systematiquement a la forme infinitive par un phoneme en 'u' (-u, -ku, -su, -tsu, ...), cette terminaison est remplacee par une autre pour conjuguer le verbe. Par exemple, 言う (iu, dire) devient 言っている (itteiru, etre dit), ou 言える (ieru, pouvoir dire). Ca c'est ce qui est ecrit dans les livres de grammaire japonaise. Mais en realite j'entend quotidiennement de la part des Japonais qui m'entourent des phrases ou la terminaison de l'infinitif et celle de conjugaison s'additionnent au lieu de se remplacer. Dans l'exemple precedent, ca devient 言うっている (iutteiru) et 言うえる (iueru).
Et pour reconcilier les partisans de l'evolution et ceux de la regression, un bel exemple marriant les deux, egalement entendu courament : 言うっときます (iuttokimasu). On a d'abord expansion avec la presence du 'u' de l'infinitif qui aurait du disparaitre au profit du 'tt', puis contraction avec le 'to' qui est en fait 'teo' (forme connective de iu plus verbe oku). Correctement ecrit on aurait : 言っておきます (itteokimasu, je lui dirai, avec le sous entendu 'pour qu'il le sache pour plus tard').
Et non cet article n'est pas ecrit pour la defense de toutes mes horreurs syntaxicales et grammaticales sur ce blog, encore mille fois pardon a tout mes lecteurs !! ;-p
Tags : Au boulot, Communication, Etudes, Evolution, Histoire, Japonais, Linguistique
03 décembre 2008
Le jour ou les US ont decouvert ce qu'est un code postal
Un couple de jeunes clients americains vient me voir. "Bonjour on
voudrait envoyer cette carte postale mais on ne sait pas ou on doit
ecrire quoi" me montrant le recto de la carte postale. "Eh bien dans
cette moitie vous ecrivez l'adresse de la personne a qui vous voulez
envoyer et dans cette autre moitie votre message" - "Et ca c'est quoi ?"
me montrant les cases pre-imprimees pour le code postal. "Ca c'est pour
le code postal" - "Le quoi ?" - "Le code postal, le code pour la ville
ou vous voulez envoyer cette carte" - "...?" - "Euh vous savez bien il y
a un nombre pour chaque ville, quand on envoie une lettre ou une carte
on ecrit ce nombre sur l'enveloppe ...". Visiblement ils percutaient
pas. "Regardez par exemple" j'attrape une carte de visite de l'hotel et
leur montre notre adresse "Vous voyez ici c'est le code postal de notre
adresse" - "Ahh, attendez !" Il attrape un stylo et commence a recopier
le code postal de l'adresse de l'hotel sur sa carte. "Non non non !
Arretez ! Ca c'est le code postal d'ici ! Vous il faut que vous mettiez
celui de la ville ou vous voulez envoyer votre carte ! Vous saviez bien
enfin !?". Ils me regardaient comme un extra terrestre. Finalement le
gars me dit "Ah oui le code postal, oui bien sur. Merci beaucoup." Et
ils sortent. De la reception je peux entendre par la porte meme fermee
ce que les clients disent quand ils sont dans l'entree. "T'as compris
toi ?" - "Rien du tout ! Et toi ?" - "Non plus". Plus tard j'ai cherche
a comprendre. J'ai fait deux erreurs de traduction : d'abord j'ai dit
"postal code" au lieu de "postcode", ensuite "postcode" c'est de
l'anglais anglais, en anglais americain j'aurai du dire "zip code". Et
puis a moitie en rigolant on s'est demande avec mon chef s'il y avait
bien des codes postaux aux Etats Unis, parce qu'apres tout on peut bien
imaginer vivre sans ! Alors on a demande aux autres clients anglophones
qui etaient la. "Ils sortaient d'ou ces deux la ? Meme si ta traduction
est imparfaite n'importe qui comprend". Et puis ceux qui voudront en
savoir plus iront lire l'histoire du zip code sur wikipedia :
http://en.wikipedia.org/wiki/Zip_code
Tags : Au boulot, Communication, Poste
04 août 2008
Breves ...
Le crissement des cigales dans les arbres. Comment un si invisible peut il etre si bruyant ? Bruyant, assourdissant, peu m'importe c'est le son de l'ete, du beau de temps, d'un simple t-shirt leger, de doigts de pied qui peuvent respirer le grand air, de la chaleur que meme assomante je peferre toujours a la morsure du froid. J'aime ce son ...
*
La porte d'entree de l'hotel dispose d'un verouillage automatique. La journee c'est ouvert, la nuit c'est ferme et deverouillable par un code que l'on donne aux clients. Le code on le tape sur un petit boitier numerique accroche a la porte. Que la porte soit fermee ou ouverte la majorite des clients s'obstinent a essayer de deverouiller la porte deja ouverte et verouiller la porte deja fermee. On a d'abord mis des petits panneaux a cote des poignets. Rien n'a change. Supposons que par distraction ils ne les voyaient pas. On a mis le petits panneaux sur le boitier. Rien n'a change. Supposons que par distraction ils ne les lisaient pas. Puis on s'est dit qu'on tenait la solution ideale : lorsque c'est ferme, un petit panneau colle sur le haut du boitier de sorte qu'on ne puisse pas ne pas le voir; lorsque c'est ouvert, un gros panneau recouvre totalement le boitier de sorte qu'on ne puisse pas le voir, et sur lequel est ecrit en japonais et en anglais, en gros, "It's open !". Reaction des clients : ils se plient en 4 pour arriver a glisser le doigt et un oeil sous le panneau "It's open !" et acceder au boitier et essayer de deverouiller la porte, ce qui a pour effet de la verouiller, ce qui declenche un secouage brutale de la porte parce qu'ils ne comprennent pas pourquoi elle ne s'ouvre pas, ce qui se resoud par moult grognements.
Le cerveau humain est vraiment une etrange machine...
Quelqu'un a une idee pour notre porte ? :-)
Tags : Au boulot, Cognition, Communication, Ete, Nature, Son


