Un Bayashi au Japon


Depuis 2005 au Japon en tant qu'etudiant, boulanger, puis hotelier a
divers endroits. Decouvrez ma vie d'expatrie et le Japon qui m'amuse
et me fait reflechir. En photo autant que possible.

Hiroshima Weather Forecast, Japan

16 août 2009

Et de 6 !

Et de 6 ! Petit a petit je continue a escalader la montagne Kanji, et hier sur ma banquette de train, sous le regard curieux du pepe assis a cote j'ai boucle le 6e (de 10) niveau du logiciel d'etude sur ma Nintendo DS.

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Dans les 4 mois et demi qu'il reste cette annee il va falloir finir le 7e niveau, apres avoir refait le tour des 6 premiers niveaux pour consolider les acquis comme on dit. Ca va etre court pour tenir le plan de vol prevu : niveau 7 d'ici la fin de l'annee, niveau 8 et 9 l'annee prochaine (en reprenant la grammaire en parallele) avant de tenter le 1 kyu du nihongo nouryoku shiken en decembre.

Court parce que je continue avec le meme protocole severe. Pour completer un niveau, avoir passe toutes les etapes d'etude, plus faire un sans faute sur la totalite (environ 200 par niveau) des kanjis d'une traite dans les quizz de revisions (retrouver la lecture ou l'ecriture d'un kanji dans une phrase a trou), plus passer l'examen de passage de niveau bien sur (apres les 200 kanji d'une traite sans erreur c'est generalement finger in the nose). Puis refaire les quizz a partir du premier niveau a titre de revision jusqu'a refaire un sans faute sur la totalite des kanjis en lecture et ecriture.

Quand a l'effet que ca a : resoudre 30 kanji environ dans mes 45mn de train quand j'entame les quizz d'un nouveau niveau, et resoudre la totalite des 200 en 20mn quand j'ai fini de me les rentrer dans le crane; changer le film protecteur de l'ecran tactile tout les 6 mois parce qu'il est tellement rayer par les coups de stylet qu'on ne voit plus a travers; et l'autre jour je vois un livre que Junko etait en train de lire : "コンビニのレジから見た日本人" (konbini no reji kara mita nihonjin, Les Japonais vus de la caisse d'une superette) de 竹内 (takeuchi). Ca avait l'air amusant alors je l'ai ouvert pour voir et quand j'ai releve la tete j'avais englouti tout le premier chapitre. Content d'avoir pu lire, et content d'avoir bien ri des clients farfelus que l'auteur presente d'apres son experience en superette, qui valent bien les miens a l'hotel !


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07 février 2009

Evolution de la langue

Quand on etudie une langue, etrangere ou non, c'est bien entendu dans le plus grand respect des regles grammaticales et en essayant d'enrichir son vocabulaire au maximum. Autrement dit, une version assez differente de celle qu'on entendra dans la rue ou qu'on utilisera finalement 'entre copains'. Quand j'allais a l'ecole de langue, les profs nous racontaient que leurs amis leur trouver toujours une facon de parler un peu speciale. A force de coller au plus proche du japonais le plus propre ca les 'deformait'.

Autre exemple amusant, j'avais la premiere annee ou je suis arrive au Japon une amie russe, chercheuse specialisee dans l'histoire ancienne japonaise. Elle etait vraiment hyper calee sur son sujet : l'ere Nara (de 710 a 794). Mais a force de passer son temps dans des manuscrits de plus de 1200 ans, qu'elle lisait sans probleme, elle s'etait mise a parler un melange de japonais de cette epoque et de japonais contemporain. Ca faisait toujours enormement rire Junko.

Parfois ca peux provoquer des situations un peu paradoxales, ou celui qui maitrise le moins la langue peut expliquer un point de grammaire a celui qui la maitrise le mieux (cette phrase aussi est un peu paradoxale :-) ). Par exemple, je demandais un jour a mon chef comment dire "je vais arroser les fleurs". Je voulais en fait la traduction du verbe 'arroser' (撒く, maku), mais comme ca lui revenait pas il m'a propose ce qui lui venait immediatement a l'esprit : 花に水をやる (hana ni mizu wo yaru) qui donnerait litteralement "je fais de l'eau au fleur". Mon chef etait doublement embete parce que d'une part il se rappelait plus du verbe arroser et d'autre part il venait de se demander pourquoi diable on emploie le verbe yaru (faire) ici. En fait moi j'avais compris pourquoi mais sachant qu'il le prend toujours a moitie mal quand je lui explique un truc qu'il connait pas j'ai rien dit. Le verbe yaru n'est pas ici employe dans son sens de faire mais celui venant du triple sashiageru-ageru-yaru, utilise pour indiquer si l'action est faite dans le but d'un superieur/egale/inferieur hierarchique. Donc la traduction correcte en francais de ce 'faire deferent' devient bien "je donne de l'eau aux fleurs".

Le japonais 'trop propre' qu'on etudie peut donc poser des petits problemes, mais il permet aussi d'etre temoin de l'evolution de la langue. Evolution qui va bien sur dans le sens de la contraction, de la simplification, pour aller plus vite et moins se fatiguer la cervelle parce que l'homme est ce qu'il est ;-) Exemple, la terminaison negative 'nai' qui se reduit a sa premiere lettre 'n' (wakaranai -> wakaran'). Des fois les Japonais en son conscient, des fois non. Je me dit que ca doit venir de l'epoque ou la transformation a eu lieu. Plus elle est eloignee plus elle acquiert de normalite, si elle ne disparait pas en cours de route, et on oublie d'ou elle vient, et si elle n'affecte qu'une zone geographique reduite elle devient dialecte locale, si elle n'affecte qu'un groupe elle devient dialecte sociale. Exemples : 面白い (omoshiroi, amusant) qui devient omoroi, ca tout le monde sait d'ou ca vient, c'est un raccourci fabrique par les jeunes d'aujourd'hui, et ca ne 'merite' pas (encore) d'autre statut; de meme, すみません (sumimasen, pardon) qui devient suimasen; par contre le 'wakaraen' du dialecte d'Osaka, et encore plus le 'nan' a la place de (nani, quoi) semblent percus comme ayant "toujours ete comme ca" si je demande aux Japonais autour de moi, mais le 'n' n'est en fait apparu qu'a l'ere Edo (1603-1867).

Mais revenons sur le "qui va bien sur dans le sens de la contraction, de la simplification". J'entends souvent ca et a chaque fois il y a quelque chose qui me gene. Si une langue ne fait que se simplifier ca veut dire que plus on remonte dans le temps et plus elle etait riche et complexe, ca fait un beau pied de nez a l' "evolution de nos societes" et je m'amuse a imaginer l'homo australopithecus en train de converser dans une langue raffinee et regie par une grammaire savante ;-) Un peu plus objectivement on pourrait essayer de s'amuser a chercher la courbe de complexite d'une langue a travers les ages. Est ce qu'elle est partie de rien, a atteint un pic puis est en train de retomber vers le primitif ? Est ce qu'elle dessine des cycles autour d'un axe stable, ascendant, descendant ? Les scenarios possibles sont legions... Amusant non ? En tout cas, en pretant son oreille a d'autres que les vieux bougons que l'evolution effraie car elle represente la fin de 'leur' temps et donc la leur, on trouve aussi des evolutions modernes dans la direction du complexe. Les verbes japonais se terminent systematiquement a la forme infinitive par un phoneme en 'u' (-u, -ku, -su, -tsu, ...), cette terminaison est remplacee par une autre pour conjuguer le verbe. Par exemple, 言う (iu, dire) devient 言っている (itteiru, etre dit), ou 言える (ieru, pouvoir dire). Ca c'est ce qui est ecrit dans les livres de grammaire japonaise. Mais en realite j'entend quotidiennement de la part des Japonais qui m'entourent des phrases ou la terminaison de l'infinitif et celle de conjugaison s'additionnent au lieu de se remplacer. Dans l'exemple precedent, ca devient 言うっている (iutteiru) et 言うえる (iueru).

Et pour reconcilier les partisans de l'evolution et ceux de la regression, un bel exemple marriant les deux, egalement entendu courament : 言うっときます (iuttokimasu). On a d'abord expansion avec la presence du 'u' de l'infinitif qui aurait du disparaitre au profit du 'tt', puis contraction avec le 'to' qui est en fait 'teo' (forme connective de iu plus verbe oku). Correctement ecrit on aurait : 言っておきます (itteokimasu, je lui dirai, avec le sous entendu 'pour qu'il le sache pour plus tard').

Et non cet article n'est pas ecrit pour la defense de toutes mes horreurs syntaxicales et grammaticales sur ce blog, encore mille fois pardon a tout mes lecteurs !! ;-p

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20 septembre 2008

Memoire

Je continue inlassablement, chaque jour, mon apparentissage de la langue depuis plus de trois ans. Apres tant d'efforts ne pouvoir que 'decrypter' une page de journal est parfois bien frustrante, et pour desamorcer le decouragement il faut toujours prendre soin de relativiser. Trois ans par rapport au langage d'un enfant de trois ans. Trois ans par rapport au langage d'un eleve de troisieme annee. Trois ans par rapport a la dizaine d'annee du programme officiel pour avoir fait le tour des kanjis.
Je discutais l'autre jour avec mon chef de ses enfants. Il s'etonnait de la vitesse avec laquelle ils enrichissent leur vocabulaire, de leur curiosite face a de nouveaux mots. Les enfants absorbent comme des eponges, c'est bien connu, et bien des adultes baissent les bras face a l'acquisition de nouvelles connaissances avant meme essayer, soudainement abattu par le sentiment du temps qui passe.
Oui mais quand meme ...
La aussi il faut relativiser, replacer les choses dans leur contexte. L'enfant est dans un environnement hyper favorable a l'apprentissage par opposition a l'adulte. L'enfant peut y consacrer ses capacites a plein temps; l'adulte a quantite d'autres affaires courantes a gerer. L'enfant dispose d'un environnement riche en nouveaute puisqu'il ne part de rien et il baigne dans un environnement ou tout est fait pour le confronter a de nouvelles connaissances (du moins on lui souhaite); l'adulte a la tete bien deja bien remplie (du moins on lui souhaite, bis) et donc moins susceptible de rencontrer une nouveaute pour augmenter son bagage, surtout a cause de son environnement generalement routinier. L'enfant a interet et est motive a apprendre, ne serait-ce que par l'emulation de groupe; l'adulte est esseule dans son apprentissage et avec un retour sur investissement en general tres faible. Ces deux derniers points sont remis en question par le boom des logiciels d'etude pour adultes comme ceux de la console Nintendo DS.
En prenant en compte cela, je trouve  la difference de vitesse d'apprentissage enfant/adulte beaucoup moins impressionnante. D'ailleurs d'autres adultes ayant les moyens d'y consacrer beaucoup de temps et d'energie arrivent a des vitesses d'apprentissage spectaculaires. 
De plus l'experience qu'a un adulte par rapport a un enfant lui permet a mon avis d'avoir acces a plus de techniques mnemotechniques et potentiellement plus efficaces (ie, par raisonnement sur la base d'autres connaissances pouvoir acceder plus facilement aux structures sous-jacentes ou abstraites et s'en servir dans le processus de memorisation).
Tout ceci ne se veut pas une mise en doute des effets du vieillissement du cerveau, mais un encouragement a ceux qui continuent a etudier par eux meme une fois sortis du cycle educatif, une invitation aux autres a continuer a s'instruire, dans toutes les directions, a tout age. Car du savoir nait la liberte, la paix et le bonheur, ce que je souhaite a tous. En plus ca aide a vivre plus longtemps !

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26 août 2008

Breves ...

C'est les vacances d'ete pour les petits japonais. Enfin, vacances... Contrairement a chez nous, l'ete ici n'est pas l'entre deux annees scolaires, mais le milieu d'une annee scolaire. Alors les vacances d'ete c'est surtout l'occasion de bachoter ce qu'on a etudier le premier semestre pour cartonner au second !
Dans le train, entre deux pubs :

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"La surface du quadrilatere ABCD est egale a 60cm2. La diagonale AC divise l'angle C en deux angles egaux. Calculer l'aire du triangle vert. (BC=10cm, CD=5cm)"
Pour eleves de la 3e a la 6e annee. Tire de l'examen d'entree au college/lycee Nishiyamato Gakuen.

Posté par bayashi à 12:52 - Quotidien - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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