16 novembre 2009
Permis de conduire au Japon (2/2)
L'article Permis de conduire au Japon (1/2) est ICI

Il m'aura finalement fallut un mois avant d'arriver a me decider a finir les demarches pour obtenir le permis de conduire japonais. Vu tout ce qu'on entend sur l'amabilite, le temps perdu, les refus enigmatiques, ... j'avais pas specialement de courage, surtout que le demenagement, principale motivation dans l'eventualite de la location d'un camion, etait passe. Mais bon puisque j'avais commence autant en finir, pour le cas ou un jour j'en aurai besoin !
En esperant passer dans les premiers, on (Junko venait aussi car elle avait besoin de faire son changement d'adresse) s'est leves a 7h, bien courageux. Mais finalement vu la localisation super pratique du lieu ou se deroule les demarches, le temps qu'on y arrive on etait presque dans les derniers. Toutes les demarches concernant les permis de conduire sont regroupes dans un centre par prefecture. Si vous habitez a l'autre bout de la prefecture, prevoyez de passer la nuit precedente a proximite. Les etapes de votre demarche ont lieu a heures fixes et la premiere se deroule entre 8:30 et 9:15 ! Pour la prefecture de Kyoto, le centre se trouve dans la "charmante" petite bourgade de Nagaoka (長岡). En train depuis Kyoto, 10mn, 210 yen, puis prendre le bus qui vous emmene jusqu'au centre, 15mn, 200 yen (carte google).
Le centre en lui meme est, vu de l'exterieur un gros bloc de beton, vu de l'interieur un hall de grande gare reammenagee, avec des alignees impressionnantes de guichets ou vous aurez a completer jusqu'a 12 etapes si vous venez passer le permis complet. Pour moi qui ai deja le permis francais, je m'en sors avec seulement 7 etapes. Elles m'auront pris en tout un peu moins de 5h, dire que c'est une eternite ne serait pas tres honnete, mais tout ceci fut tellement passionnant que l'envie me demange !

Tout d'abord rendez vous au deuxieme etage pour demarrer la procedure, muni de la precieuse traduction de votre permis de conduire obtenu a la JAF. Il y avait deja pas mal de monde qui attendait, avec des petits vieux qui faisait semblant de pas comprendre pour doubler tout le monde dans la queue. J'arrive finalement au vieux policier, qui commence par grommeler "ah est-c'qui va comprendre ?", classique dont on ne se lasse pas. Il sort une grosse loupe de son tiroir pour essayer de decrypter les bavures de ma carte d'etranger (cette annee j'ai pas eu le droit au petit plastique transparent en faisant mon changement d'adresse). Puis il me donne un formulaire a remplir et me dit d'attendre dans la salle. Formulaire sans rien de special, nom, prenom, adresse, blabla... En paralelle de gerer les gens dans la file, il appele de temps quelqu'un dans la salle, au fur et a mesure que les petites mains laborieuses du grand open space derriere lui font avancer la procedure. Quand je dis qu'il appele, ca veut dire qu'il murmure depuis son guichet sans se forcer, en repetant jusqu'a ce que quelqu'un dans la file relaie gentiment l'info jusqu'a l'interresse. Moi j'avais repere le truc et m'etais donc assis juste en face au plus proche du guichet. Je rend donc mon formulaire quelques minutes plus tard et me fait renvoyer a attendre dans la salle. Ce fut ensuite une jolie voix feminine qui m'appela, une des petites mains de derriere. Impossible de lire mon nom bien sur, tout le monde bien embete, un autre classique dont on ne se lasse pas. Je lui explique et retourne attendre. Puis elle me rappelle a nouveau, car elle avait plein de questions a propos du permis de conduire francais. Comment je l'avais eu, combien d'heure de conduite, de code, combien de questions a l'examen du code (???? la question rouge a mille franc !), etc... En bon fourbe que je suis, je presente tout ca en disant que c'etait treeees difficile mais que je m'en suis sorti treeees brillamment, bien sur. Et je gagne donc le droit d'aller a l'etape suivante : m'alleger de quelques yen (2400) au premier etage a une certaine heure.

En attendant j'admire l'ouverture de 10 guichets simultanement, a la seconde pres, avec chacun son petit propose assis a l'equerre pare a cocher la case qu'on lui a appris a cocher. Et tout ca se referme de facon aussi synchrone a l'heure dite. Je traine aussi un peu partout pour tuer le temps et trouve dans un coin un enorme Daruma au pied duquel on peux lire "Circulation routiere sans danger", aux deux yeux modestement peints (ca signifie que l'objectif est atteint). Je lisais dernierement que si les accidents en voiture on tendance a baisser, ceux a velo en revanche explosent et en particulier chez les jeunes et les retraites. Si vous suivez ce blog regulierement ca ne vous etonnera pas. Au pied du Daruma une fleche pour vous indiquer une fleche vous indiquant la sortie, au cas ou ne verriez pas la porte a 50 cm de vous. J'aime aussi beaucoup dans le style les zebra devant chaque porte du batiment delimitant la zone ou ne pas stationner pour ne pas risquer une collision lors de l'ouverture de la porte. On n'est jamais trop prudent ...

Apres avoir paye, rendez vous au guichet suivant : la visite medicale. Le prepose coche toute la feuille a la va-vite apparemment presse de retourner dans l'arriere-salle ou il etait quand je suis entre. Sans lever les yeux il demande a Junko si je vois bien sans mes lunettes. Je lui repond que ca va mais que j'en ai besoin pour conduire. Du coup j'ai le droit de passer a la machine, dont la taille et l'apparence m'ont fait penser qu'elle avait ete concue il y a un siecle quelque part en Russie ... Il me fait d'abord passer le test classique des "C", "mais vous voyez parfaitement bien !". Ah bah s'il le dit tant mieux. "Et les couleurs ?". Et la le c... je sais pas ce qu'il me prend je commence a essayer de lui expliquer que je suis daltonien !! Heureusement comme il avait decide que je suis pas capable de parler japonais il se tourne vers Junko et "qu'est-c'qui dit ?". Je ravale tout de suite ce que j'ai dit et "non non ca va aller, ok le rouge en bas le vert a droite, c'est bon ?", "eh bah voila", et il me rend mon formulaire qu'il avait tout chiffone. "Vous parlez tres bien japonais" qu'il ose me dire, "je lui repond sechement "non" et je passe a la suite.
La suite c'est la photo d'identite. Junko m'avait prevenu, le gars est programme pour appuyer sur le declencheur au moment ou vous posez vos fesses sur le siege. "C'est pour ca qu'on a tous des tetes pas possibles sur nos permis de conduire". Alors j'ai pris les devant et affiche un beau sourire des que je suis entre dans la salle ! Et effectivement ce fut bref ! Allez hop guichet suivant, mais pas de bol c'est deja midi, il faut attendre une heure que tout le monde revienne de la pause dejeuner. On en profite pour sortir casser la croute nous aussi. En face du batiment il y a deux restaurants qui font aussi envie l'un que l'autre. On opte pour celui qui fait dans la cuisine occidentale et je choisis des pattes aux champignons. Ni bon ni mauvais, mais le prix etait un peu sale... Puis retour au batiment et pause dessert. Il y a des distributeurs bien sur qui servent toutes sortes de boissons classiques, et des petits pains .. .qui font peur. Heureusement nous on avait amene une boite de gateau au cas ou. En achetant a boire, une piece me roule des mains et bien sur se debine sous la machine. Junko dit tant pis, moi j'avais pas envie de leur faire cadeau ne serait ce que de 100 yen. Je pars alors en quete d'une tige ou equivalent et trouve un parapluie perdu qui a fait parfaitement l'affaire. Au passage j'ai recupere quelques autres pieces perdues, c'est toujours ca de gagner hein ! Petit tour aux toilettes avant de rattaquer les hostilites, j'etais bien embete car il n'y a que des toilettes a la japonaise. En cherchant un peu il y a aussi des toilettes pour handicapes, donc avec un siege, bon a savoir !

Une heure petante, les petits rideaux toujours aussi synchrones s'ouvrent. Une employee detaille au millimetre pres la suite des operations a ceux qui s'etait reunis devant son guichet. Elle avait un joli micro qui hurle ses paroles dans la grande salle a l'acoustique epouvantable, merci beaucoup. Je me disais qu'elle ferait mieux de le refiler au vieux du deuxieme ! Deux autres policiers faisaient des grands moulinets de bras pour nous montrer ou se trouve les guichets au fur et a mesure qu'elle en parlait. C'est vrai qu'il y avait bien 20 metres de distance, on aurait pu se perdre et mourir de faim en route ...
On repasse a la case "sortez votre porte monnaie". Cette fois pour payer la carte, et faites bien attention a ce que raconte la p'tite dame a toute vitesse parce que moi je me suis bien fait avoir a me faire refiler une immonde pochette en plastique frappee du logo de la police (pas gratuite vous avez bien compris). Desole je me rappelle plus le prix mais c'etait du meme ordre de grandeur que precedemment. Et puis la fin approche, mais avant de recevoir la carte magique vous n'echapperez pas a un petit speech dans la salle d'examen. En attendant de pouvoir y rentrer d'autres y passaient effectivement l'examen, equivalent de notre code. Ca m'a parut durer une seconde, je suis bien curieux de savoir ce qu'on leur pose comme question. Les resultats s'affichent sur des ecrans geants dans la salle d'attente, d'ou on peux aussi regarder ceux qui passent l'examen de conduite. Ce dernier a lieu sur un espace reserve dont la difficulte semble du niveau test de conduite de velo dans les ecoles primaires ... Il parait qu'il y a aussi un test sur route, mais bon vos vous doutez de ce que j'imagine.

Le speech final peut se resumer en une longue serie de statistiques passionnantes sur la circulation routiere au milieu desquels flottent deux informations interresantes : le permis de conduire se renouvelle tout les trois ans, j'ai hate d'y etre ! et en cas de perte son permis l'examen de repassage est tellement severe que presque personne ne l'a, de l'esbrouffe ? En parlant de statistiques il y a aussi aux murs des tas de graphiques de la police, pas seulement sur la securite routiere. On trouve par exemple des cartes representant la frequence des delits par categories et par zones de Kyoto. Je ne vous recommande pas d'habiter au sud et a l'est dans les montagnes !
Et vous recevez enfin votre jolie permis de conduire, format carte de credit, おつかれさまです!
Tags : Extremisme, Permis de Conduire, Police
10 septembre 2009
Permis de conduire au Japon (1/2)
Bon j'en ai deja parle plusieurs fois ici je pense mais toujours de loin car peu concerne, mais cette fois ci je peux rapporter en detail et de l'interieur comment ca se passe pour conduire au Japon. Je vais en effet peut etre avoir besoin de reprendre le volant d'ici la fin de l'annee pour une petite aventure que je me ferai un plaisir de rapporter ici bien sur. Mais chut pour l'instant ce n'est encore qu'hypothetique. Toujours est-il qu'il me fallait etre pret a conduire ici. Voila donc ce que j'ai du faire.
Tout d'abord deux cas. Si vous etes au Japon depuis moins d'un an, une traduction de votre permis suffit. Apres un an vous devez avoir le vrai permis japonais. Rassurez vous pas besoin de le repasser !
Pour la traduction, on doit pouvoir la faire au consulat de Osaka, sauf que pas de bol ils ne le font plus (probablement lie au fait que le consulat va disparaitre en Decembre, remplace partiellement(?) par l'Institut Franco Japonais a Kyoto). Donc on m'a dit d'envoyer mon permis a l'ambassade a Tokyo pour me le faire traduire. Sauf que non bien sur sinon ca serait pas l'administration francaise. Apres coup de fil a l'ambassade, ce n'est pas eux qui s'en occupe, il faut contacter l'agence locale de la JAF (Japan Automobile Federation). A Kyoto elle se trouve juste au nord de Karasuma-Marutamachi. Bon je preferre ca ! J'y vais donc, je dis que je veux une traduction, je remplis un petit formulaire, je paye 3000 yen (aie) et je recois la traduction en quelques minutes. Theoriquement il faut prouver que lon est reste au moins 3 mois dans le pays d'obtention du permis apres obtention. Moi j'ai simplement coche la case "Oui" et on ne m'a rien demande de plus et tant mieux car je vois pas comment j'aurai pu prouver ca. Le gars de la JAF avait l'air de tomber des nues en voyant que ca faisait 4 ans que je suis au Japon sans conduire. Au pays du train et du velo je vois pas le probleme, mais peut etre que dans ce temple des 4 roues pollueurs dangereux bruyants ils voient les choses differemment.
Si vous etes dans votre premiere annee c'est fini. Pour conduire vous devez avoir sur vous cette traduction et votre permis francais, et la police est egalement en droit de demander votre passeport pour s'assurer que vous etes au Japon depuis moins d'un an.
Comme ca fait plus d'un an que je suis ici, il faut que je me fasse faire un permis japonais. Meme si il ne semble pas necessaire de repasser le permis, en fonction de votre nationalite les etapes ont l'air tres differentes. Il y en a qui ont meme droit a une epreuve de conduite apparemment ! Pour nous Francais ca a l'air tres simple. La suite dans un autre message la semaine prochaine quand je serai alle au centre d'examen des permis de conduire pour la deuxieme etape ...
Au passage, meme si ca n'a rien a voir, juste a cote de la JAF, au coin du carrefour Karasuma-Marutamachi il y a un excellent restaurant de soba (qui sert aussi d'autres choses) ou j'allais souvent autrefois et ou j'ai eu plaisir a remanger.
L'article Permis de conduire au Japon (2/2) est ICI.
Tags : Formalite, Permis de Conduire, Police
12 juin 2009
Vos papiers !
Je vous invite a diffuser largement ce message aupres de tout les etrangers vivants ou visitant le Japon jusqu'a la fin du mois (et eventuellement apres). Nous avons recu a l'hotel ou je travaille une enieme visite de la police. Cette fois ci c'etait pour nous informer que dans le cadre d'une vaste campagne de recherche de residents etrangers en situation irreguliere de nombreux controles de pieces d'identites auront lieu jusqu'a la fin du mois. On nous a donc invite a rappeler a nos clients qu'il est illegal ici de se deplacer sans son passeport (ou sa 外国人登録カード), et que les contrevenants se feront conduire au poste ou ils resteront jusqu'a ce que leur identite soit verifiee (par l'apport des papiers par un tiers ou une, probablement longue et fastidieuse, verification interne).
Tags : Au boulot, Passeport, Police, Xenophobie
18 janvier 2009
Velo kamikaze
J'ai deja parle des velocipedes nippons par ci par la, la plupart du temps en termes peu flatteurs, mais leurs acrobaties me motivent a me remettre au clavier pour vous faire partager mon ahurissement.
Le velo sans les mains. Le guidon sert comme vous le savez tous de comptoir au cycliste experimente qui a relegue les freins au rebut. Les coudes poses sur chaque poignee, les mains se trouvent ainsi liberees pour toute sortes d'activites en paralelle du deplacement, un peu comme le passage du singe a l'homme, preuve de la superiorite de ce type de velocipede. Entres autres activites, on notera pour les vieux : les mains ballantes, les mains alimentant le pilote en nicotine, les mains repose-menton pour les plus audacieux, ... pour les plus jeunes et leurs appendices electroniques : jouer sur son telephone portable, envoyer des mails, lire des mangas, ...
Le velo raccourci. Extension du precedent, encore que les australopitheques qui utilisent encore leurs mains pour se deplacer semble parfois trop simplet pour savoir a quoi il serait effectivement bon qu'ils les utilisent. Pas de mains, donc pas de direction, et puis de toute facon calculer des trajectoires et tout ca c'est bien trop complique, vive la ligne droite et les economies de temps et d'energie. Alors qu'il soit occupe a lire, jouer, fumer, ou meme a rien de particulier, prendre en consideration la presence d'autrui ou d'obstacles plus petit qu'un immeuble est superflu. Deux velocipedes arrivent face l'un a l'autre, aucun ne deviera, aucun ne ralentira, collision frontale, trois mots d'excuse en se relevant et on repart chacun de son cote comme si de rien n'etait. La variante 'de cote' existe aussi : meme strategie 'je suis seul au monde' pour un resultat d'un sur le bitume et d'une dans la jardiniere de la caserne des pompiers de Nijo. On rigole "oh bah dis donc on dirait que ca a pas passe hein" "oh pardon pour les fleurs" "c'est rien vous avez mal nul part ?" "non non ca va au revoir". On se rappelera avec nostalgie egalement le "coup du domino" : foncer droit dans un enorme tas de velos en stationnement comme si on avait pas remarque que sans le moindre doute possible ca passait pas, et en renverser d'un coup une colonne de quelques dizaines.
Le velo prudent. Des fois il y a des velocipedes qui sont equipes de la fonction cognitive 'detection de collision'. Du coup ca se passe beaucoup mieux : un livreur surgit de derriere son camion en trombe sans regarder s'il vient quelqu'un, il a bien raison, il y a justement une maman-velocipede qui arrive a toute vitesse avec son rejeton dans le panier a salade accroche au guidon. Le livreur jeune et bien portant bondit de cote, la maman-velocipede detecte un danger et enclenche la procedure d'urgence : baisser la tete, fermer les yeux, crier, et surtout ... ne pas freiner, de toute facon en face il y avait un fourbe qui a arrete le velo qui lui foncait dessus en attrapant le guidon a deux mains et en priant tres fort. Comme quoi c'etait pas la peine. Et on repart, sans un regard, sans un mot, au fourbe qu'on vient de manquer d'ecraser, au fourbe qui vient eventuellement de vous sauver vous et votre progeniture d'une belle gamelle.
Le velo qui ne veut pas deranger les pietons. Pour eviter d'ecraser les fourbes, certains velocipedes au grand coeur veillent a ne surtout pas utiliser les trottoirs. La route est la pour qu'on s'en serve, les voitures n'ont qu'a faire un peu de place. Jusque la pas de probleme. Sauf que, la cohabitation entre les deux types de vehicules est legerement degradee par le deni des regles de circulation de la part du velocipede. Principalement ca se traduit par la circulation en sens inverse et la negation des feux tricolores.
Au bas de l'echelle le velo qui roule en plein milieu d'une voie a contre sens, si une voiture arrive, a elle de se debrouiller et si elle a le malheur d'amocher le velo c'est bien sur elle qui est en tort.
Immediatement au dessus, le velocipede s'arretant au feu. Son temps etant precieux, un metre de gagne est une aubaine a ne pas laisser passer. Alors au feu plutot qu'attendre a sa place, on s'avance autant que possible pour bien bloquer toute la largeur du trottoir de ceux qui aimerait profiter de leur feu vert pour pouvoir traverser. Un petit coup de clochette ou un 'pardon' et ah bah oui zut comment qu'on va faire maintenant aie aie aie chui ben embete.
Un peu mieux, le contre sens de nuit et evidemment sans lumiere. La police japonaise veillant jour et nuit a notre securite a tous, ceux qui roulent sans lumiere se font souvent parfois arretes, et l'eteigne a nouveau au prochain carrefour parce que c'est dur de pousser plus fort sur les pedales pour alimenter la dynamo.
La version encore au dessus, c'est de ne pas se contenter d'une petite rue ou ne circulera a cette heure tardive qu'un taxi cherchant une planque pour dormir, mais d'y aller carrement sur les gros boulevards a deux fois 2, voir 3, voies. Si un autre velocipede respectant par hasard le sens de circulation passe par la au meme moment, referer vous au protocole de collision decrit plus haut.
Un cran encore au dessus, sur une deux fois deux voies tres circulantes a une heure avancee, un taxi est arrete sur la voie de gauche (je rappelle qu'on roule a gauche ici) pour faire descendre un client. Derriere arrive une meute de voitures qui se bastonnent deja pour tous passer sur la voie de droite a cause du taxi arrete. En face a contre sens un velocipede sans lumiere dans la voie de gauche. Gene par le taxi arrete, c'est tout naturellement qu'il deboite sur la voie de droite pret a affronter de face la meute. Cette derniere arrivera en pilant ou s'eparpillant derriere le taxi arrete ou sur la voie a contre sens a liberer le passage au velo qui n'aura pas ralenti d'un poil ni montrer quelconque signe d'inquietude. Au passage a ce niveau le trottoir est a la meme hauteur que la rue, et large et degage, autrement dit aucun raisonnement sense ne peut aboutir a un avantage de la route sur le trottoir.
Et finalement celui qui meritera le top classement de cette petite selection de vecu quotidien, sur une autre grosse deux fois deux voies arrive en sens inverse un jeune velocipede appliquant la technique du pilotage aux coudes pour pouvoir regarder ses mails. Un plus important que d'habitude semble arriver et il entreprend de s'arreter, quelle saine prudence. Les yeux rives sur son ecran il grille donc le feu rouge du gros carrefour ou il vient d'arriver, puis s'arrete en plein milieu de la voie venant perpendiculairement ou il reprend la posture comptoir de bistrot sur son guidon pour mieux repondre a son mail. En plus a cet endroit le boulevard qui arrive perpendiculairement est en forte courbe et passe sous un pont, il n'y a donc aucune visibilite sur le carrefour pour les voitures qui arrivent generalement assez vite.
Tags : Extremisme, Japonais, nuit, Police, Route, Velo
14 octobre 2008
Breves ...
Kyoto est une ville entouree par les montagnes. A part un trou au sud vers Osaka, il faut inevitablement se tortiller sur d'interminables routes en lacets pour en sortir, ou emprunter un des grands axes tracer a coup de tunnels/ponts et donc pas nombreux et donc tres frequentes. Parmi eux la route 143, une grosse 4/6 voies dans le prolongement de l'avenue sanjo, monte en courbes douces vers l'est pour redescendre sur la ville de Shiga. Un parcours qui se prete parfaitement a la liberation soudaine du stress accumule pendant la traversee de Kyoto a 30km/h. Une aubaine pour la police et ses radars, comme j'ai pu le constater la derniere fois que j'y suis passe, un samedi soir vers 20h.
Ce qui vaut ici d'en faire un post, c'est la resonnance avec ce post ci. A savoir : a la poste pour prendre un ticket il faut deux assistants, dans la police pour faire un controle de vitesse il faut ... accrochez vous. Un premier policier recroqueville sur un mini-tabouret cache derriere un transformateur electrique guettant les voyoux, avec son radar pose a cote, plus un talkie et un engin qui avait l'air fort complexe, probablement la console reliee au radar. Puis un peu plus loin, cache par une courbe, une camionnette arretee sur la voie de gauche (on roule a gauche ici je rappelle) porte arriere ouverte sur la circulation lui arrivant de face et un autre policier dedans assis a une table et guettant lui aussi les voyoux. Bon qui dit obstacle sur la voie dit securite bien sur, donc il faut rajouter un policier le corps recouvert de led clignotantes plus un baton lumineux pour faire des grands signes devant une gigantesque fleche lumineuse clignotante indiquant l'obstacle. Lorsque le voyou est repere il faut l'arrete, ca prend deux nouveaux policiers avec le meme deguisement de sapin de noel poste sur le trottoir en attente d'un signal de la camionnette informee par l'eclaireur. Pour amener ces trois loustiques il a fallu une voiture de police, stationnee derriere la fourgonette, encadree par des birouttes et des banderolles. Une fois le voyou arrete un autre policier le fait descendre de la voiture et lui explique probablement le pouquoi du comment. C'est probablement aussi lui qui le guide vers l'un des deux autres policiers charges de sanctionner. Tout seul pour faire tout ca, il chaume pas le garcon dis donc ! Les sanctionneurs sont quand a eux assis a deux grandes tables plus chaises pliantes installes sur le trottoir (qu'ils occupent pour moitie). Chaque table est recouverte de formulaires et paperasseries que je n'ai pas eu le temps de detailler mais rien que la quantite m'a donne le vertige. Pour transporter ces trois autres larrons, une deuxieme voiture de police bien sur. Les tables et chaises on imaginera qu'elles vont dans la fourgonette. Plus l'eclairage et toute la petite garniture qui va bien autour.
Ainsi donc pour un controle de vitesse il faut au Japon une logistique digne d'une kermesse, deux voitures et une fourgonette, et pas moins de huit fonctionnaires ... Hors la loi certes mais un client reste un client, il merite qu'on le choye ? ;-)
Tags : Extremisme, Japonais, Police, Route


