12 décembre 2008
Breve
Gare d'Umeda a Osaka vers 22:30, je monte dans mon train habituel qui me ramenera chez moi en me servant de salle d'etude, de kanji, et de la faune locale.
A ma droite, un autre habituel. Un Paco Rabanne japonais, ou se prenant pour. Cheveux blond javelises, lunettes fantasmatiques, deguisement de varan de komodo, profusion de verroteries, bottes de cowboy taille 75. Nous faisant partager comme chaque soir sa journee de travail en hurlant dans son telephone portable. Bloquant l'allee de ses grandes guiboles et malheur a qui oserait effleurer ses preciseuses chausses ou ecailles jaunes et vertes.
Ce soir la, le hasard a voulu qu'un magnifique specimen de salaryman viennent s'echouer juste devant lui. Rotant, soufflant, gemissant, pendu a la poignee du plafond par les deux mains. Une tete de deterre sur un accoutrement de clochard classieux.
Je ne vous fait pas un dessin de la tete du varan...
Il a quand meme tenu trois arrets avant d'exploser, de se lever brusquement et de gueuler sur le salaryman "MAIS C'EST PAS POSSIBLE DE PUER DE LA GUEULE COMME CA !! EH TU M'ENTENDS ? ET LES DOUCHES TU CONNAIS ??". Puis de se laisser retomber sur son siege vu que l'autre etait de toute facon completement HS et n'entendait rien...
A ma gauche, un adolescent dont les tortillages corporels sur le quai avait au prealable attire mon attention. Apres qu'il se soit assis, il s'etait gentiment decale pour faire de la place a une charmante demoiselle a cote de lui. Pretexte a une prise en chasse phenomenale a base de regards mi-fixes mi-fuyant sur la fille, et de tentatives pitoyables mortes dans l'oeuf d'entamer la conversation. Pendant que sur son telephone portable defilaient ostensiblement des mangas pornographiques qu'il faisait de temps en temps semblant de cacher en s'excusant d'un petit rire nerveux aupres de sa voisine...
Et au milieu le bayashi souriait beatement. Je venais de reciter pour la premiere fois d'une traite et sans fautes la totalite des kanjis du 5e niveau de mon logiciel d'etude sur Nintendo Ds ... :-)
Tags : Alcool, Extremisme, Japonais, Mode, Osaka, Sexe, Societe, Train
17 septembre 2008
Breves ...
L'ete s'acheve. Les maximales tournent autour de trente, agreablement frais apres avoir endure regulierement plus de 35. Le chant des cigales a cesse, laissant place a d'autres insectes, moins bruyants mais tout aussi presents. Les galeries marchandes ont commence a sortir leurs decorations automnales. Les 風鈴 (fuurin, clochettes) sont retournees dans leurs cartons, sauf chez certains qui veulent faire durer le plaisir de leur tintement, sauf chez certains qui paresseusement se diront qu'elles passeront bien l'hiver dehors jusqu'a l'ete prochain. Dans le train, le jet d'air froid a repris le dessus sur l'air ambiant et je frissonnais l'autre jour, content de descendre, me demandant au fond de quel tiroir se cache le blouson qu'il va bientot falloir resortir en fin de soiree. Sur le futon, une epaisseur de drap est deja reapparu mais la fenetre est encore grande ouverte. Les orages d'ete semblent avoir cesse. Ils devraient etre remplaces par les typhons cote intemperies, mais cette annee l'ete semble presse de partir et inversement pour les typhons. Les combinis ont sorti leur 弁当 (bentou, plateau repas) d'automne. La recette change regulierement pour tenir le client, la version automne est genereuse en champignons, je ne me force donc pas pour l'essayer ...
Tags : Automne, Bento, Champignon, Combini, Ete, Futon, Meteo, Orage, Son, Train, Typhon
10 août 2008
Breves ...
Dans le train il y a deux employes, un a l'avant, l'autre a l'arriere, et je ne saurai jamais leur nom respectif, le pilote et le conducteur ? A l'avant il s'occupe du train et a l'arriere il s'occupe des voyageurs. Ce dernier debite un flux continu d'informations : ou vous etes, ou vous allez, ou vous irez ensuite apres y etre alle, quand ca va s'arreter, demarrer, pourquoi ca redemarre pas, dans combien de temps ca va redemarrer, les correspondances aux stations avec horaires des autres trains et numero de plateforme, les bonnes manieres a suivre, des messages informatifs, milles remerciements, ... Ca n'arrete pas. Ca devient une musique de fond qui se mixe au gata gata des roues sur les rails.
Ce qui m'amuse c'est la facon dont ils debitent leur texte. Je ne sais pas si cela vient d'un ordre, d'une envie spontanee, d'un concours prive interne entre employes, d'un petage de plomb a force de repeter la meme chose, ... toujours est-il que les textes ne sont pas 'parles' mais 'chantes'. Chacun a une prononciation particuliere ne ressemblant en rien a ce que vous entendriez dans une conversation ordinaire.
Il y a celui qui 'frappe' les 'k', 't', ... et laisse couler les 'sh', 'n', ... comme un 'irasshai' de marchand de yatai en fin de journee.
Il y a celle qui y met des tremolos avec une voix presque pleurante.
Il y a celui qui bouffe la moitie de chaque phrase dans une intonation en chute libre.
Mais ce n'est pas le privilege des employes du rail. Les conducteurs de bus, qui eux remplissent les deux fonctions tout seuls eh !, sont pas mal non plus. Je n'utilise pas souvent le bus mais je me rappelle tout de meme de quelques "はい、発っっ車~" (hai hasssshaAaAa, raccourci gargouillant de 'le bus demarre') assez sympathique... Ou encore de celui d'un certain bus de nuit Kyoto-Hiroshima dont les ondulations avaient rendu les passagers mi-hilares, mi-perplexes quand au taux d'alcoolemie du gars au micro. Pour une fois, meme les Japonais avaient reagi.
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