21 mars 2009
Breve
Le son de la planchette de bois calligraphiee 営業中 (ouvert) qui resonne dans la ruelle vide au milieu de la nuit en frappant le mur lorsque l'employee vient la retirer.
Tags : bois, nuit, Son
18 janvier 2009
Velo kamikaze
J'ai deja parle des velocipedes nippons par ci par la, la plupart du temps en termes peu flatteurs, mais leurs acrobaties me motivent a me remettre au clavier pour vous faire partager mon ahurissement.
Le velo sans les mains. Le guidon sert comme vous le savez tous de comptoir au cycliste experimente qui a relegue les freins au rebut. Les coudes poses sur chaque poignee, les mains se trouvent ainsi liberees pour toute sortes d'activites en paralelle du deplacement, un peu comme le passage du singe a l'homme, preuve de la superiorite de ce type de velocipede. Entres autres activites, on notera pour les vieux : les mains ballantes, les mains alimentant le pilote en nicotine, les mains repose-menton pour les plus audacieux, ... pour les plus jeunes et leurs appendices electroniques : jouer sur son telephone portable, envoyer des mails, lire des mangas, ...
Le velo raccourci. Extension du precedent, encore que les australopitheques qui utilisent encore leurs mains pour se deplacer semble parfois trop simplet pour savoir a quoi il serait effectivement bon qu'ils les utilisent. Pas de mains, donc pas de direction, et puis de toute facon calculer des trajectoires et tout ca c'est bien trop complique, vive la ligne droite et les economies de temps et d'energie. Alors qu'il soit occupe a lire, jouer, fumer, ou meme a rien de particulier, prendre en consideration la presence d'autrui ou d'obstacles plus petit qu'un immeuble est superflu. Deux velocipedes arrivent face l'un a l'autre, aucun ne deviera, aucun ne ralentira, collision frontale, trois mots d'excuse en se relevant et on repart chacun de son cote comme si de rien n'etait. La variante 'de cote' existe aussi : meme strategie 'je suis seul au monde' pour un resultat d'un sur le bitume et d'une dans la jardiniere de la caserne des pompiers de Nijo. On rigole "oh bah dis donc on dirait que ca a pas passe hein" "oh pardon pour les fleurs" "c'est rien vous avez mal nul part ?" "non non ca va au revoir". On se rappelera avec nostalgie egalement le "coup du domino" : foncer droit dans un enorme tas de velos en stationnement comme si on avait pas remarque que sans le moindre doute possible ca passait pas, et en renverser d'un coup une colonne de quelques dizaines.
Le velo prudent. Des fois il y a des velocipedes qui sont equipes de la fonction cognitive 'detection de collision'. Du coup ca se passe beaucoup mieux : un livreur surgit de derriere son camion en trombe sans regarder s'il vient quelqu'un, il a bien raison, il y a justement une maman-velocipede qui arrive a toute vitesse avec son rejeton dans le panier a salade accroche au guidon. Le livreur jeune et bien portant bondit de cote, la maman-velocipede detecte un danger et enclenche la procedure d'urgence : baisser la tete, fermer les yeux, crier, et surtout ... ne pas freiner, de toute facon en face il y avait un fourbe qui a arrete le velo qui lui foncait dessus en attrapant le guidon a deux mains et en priant tres fort. Comme quoi c'etait pas la peine. Et on repart, sans un regard, sans un mot, au fourbe qu'on vient de manquer d'ecraser, au fourbe qui vient eventuellement de vous sauver vous et votre progeniture d'une belle gamelle.
Le velo qui ne veut pas deranger les pietons. Pour eviter d'ecraser les fourbes, certains velocipedes au grand coeur veillent a ne surtout pas utiliser les trottoirs. La route est la pour qu'on s'en serve, les voitures n'ont qu'a faire un peu de place. Jusque la pas de probleme. Sauf que, la cohabitation entre les deux types de vehicules est legerement degradee par le deni des regles de circulation de la part du velocipede. Principalement ca se traduit par la circulation en sens inverse et la negation des feux tricolores.
Au bas de l'echelle le velo qui roule en plein milieu d'une voie a contre sens, si une voiture arrive, a elle de se debrouiller et si elle a le malheur d'amocher le velo c'est bien sur elle qui est en tort.
Immediatement au dessus, le velocipede s'arretant au feu. Son temps etant precieux, un metre de gagne est une aubaine a ne pas laisser passer. Alors au feu plutot qu'attendre a sa place, on s'avance autant que possible pour bien bloquer toute la largeur du trottoir de ceux qui aimerait profiter de leur feu vert pour pouvoir traverser. Un petit coup de clochette ou un 'pardon' et ah bah oui zut comment qu'on va faire maintenant aie aie aie chui ben embete.
Un peu mieux, le contre sens de nuit et evidemment sans lumiere. La police japonaise veillant jour et nuit a notre securite a tous, ceux qui roulent sans lumiere se font souvent parfois arretes, et l'eteigne a nouveau au prochain carrefour parce que c'est dur de pousser plus fort sur les pedales pour alimenter la dynamo.
La version encore au dessus, c'est de ne pas se contenter d'une petite rue ou ne circulera a cette heure tardive qu'un taxi cherchant une planque pour dormir, mais d'y aller carrement sur les gros boulevards a deux fois 2, voir 3, voies. Si un autre velocipede respectant par hasard le sens de circulation passe par la au meme moment, referer vous au protocole de collision decrit plus haut.
Un cran encore au dessus, sur une deux fois deux voies tres circulantes a une heure avancee, un taxi est arrete sur la voie de gauche (je rappelle qu'on roule a gauche ici) pour faire descendre un client. Derriere arrive une meute de voitures qui se bastonnent deja pour tous passer sur la voie de droite a cause du taxi arrete. En face a contre sens un velocipede sans lumiere dans la voie de gauche. Gene par le taxi arrete, c'est tout naturellement qu'il deboite sur la voie de droite pret a affronter de face la meute. Cette derniere arrivera en pilant ou s'eparpillant derriere le taxi arrete ou sur la voie a contre sens a liberer le passage au velo qui n'aura pas ralenti d'un poil ni montrer quelconque signe d'inquietude. Au passage a ce niveau le trottoir est a la meme hauteur que la rue, et large et degage, autrement dit aucun raisonnement sense ne peut aboutir a un avantage de la route sur le trottoir.
Et finalement celui qui meritera le top classement de cette petite selection de vecu quotidien, sur une autre grosse deux fois deux voies arrive en sens inverse un jeune velocipede appliquant la technique du pilotage aux coudes pour pouvoir regarder ses mails. Un plus important que d'habitude semble arriver et il entreprend de s'arreter, quelle saine prudence. Les yeux rives sur son ecran il grille donc le feu rouge du gros carrefour ou il vient d'arriver, puis s'arrete en plein milieu de la voie venant perpendiculairement ou il reprend la posture comptoir de bistrot sur son guidon pour mieux repondre a son mail. En plus a cet endroit le boulevard qui arrive perpendiculairement est en forte courbe et passe sous un pont, il n'y a donc aucune visibilite sur le carrefour pour les voitures qui arrivent generalement assez vite.
Tags : Extremisme, Japonais, nuit, Police, Route, Velo
06 novembre 2008
Monsieur Gallois
J'etais tranquillement affale sur le futon en train d'affronter ces $*%&! d'araignees de l'avant-dernier plateau du dernier monde dans Super Mario Bros sur ma Nintendo DS.
- "Elles font vraiment un sale bruit ces sales araignees hein ! Rhaa et voila, encore mort" que je dis a Junko
- "C'est pas les araignees ! Ca vient du mur !"
Effectivement, un drole de cui-cui sortait du mur. Genre une vis qui crisse au fur et a mesure qu'on la tourne dans la plaque de platre, mais pas tout a fait. Et puis ca s'arrete, et puis ca recommence 10 minutes plus tard, et ainsi de suite. Bon, y'a bien une bestiole de cache quelque part alors j'entreprend d'escalader le sofa et de me mettre en chasse.
- "J'espere que c'est pas une grenouille !" dit Junko
- "Bah pourquoi c'est mignon une grenouille !"
- "Et si elle te saute sur la tete pendant que tu dors ? ペタ!" (peta, son sensee faire une grenouille se collant sur votre joue selon les Japonais ... :-) ), "Je preferre un insecte"
- "Ah non alors vaut mieux une grenouille qui fait 'peta' qu'un insecte qui fait 'crr-crr-cui-cui' !!". Si Junko etait pas Japonaise on aurait surement fait un remake des pubs Baygon.
Revenant bredouille de ma chasse acrobatique on remet le probleme a demain.
Lendemain, en rentrant du boulot, Junko me dit "J'ai trouve le coupable, c'est un insecte !", d'un air triomphal. Et on se remet en chasse, guide par le cuicui qui se promenait aux quatres coins de l'appart.
C'est a une heure relativement tardive que l'on parvint finalement a localiser la bestiole et lui tirer le portrait parce que ca valait bien qu'on en parle sur ce blog n'est-ce pas ?

Junko se lance alors dans une operation 'identification' du suspect, et trouve cet amusant site ou on peut voir la photo de nombreux insectes japonais et entendre leur chant. En fait ca nous a pas vraiment aide a trouver ce que c'etait. Pour des non-experts comme nous y'a rien qui ressemble plus a 'crr-crr-cui-cui' qu'un 'cui-cui-crr-crr' ! On se mettra temporairement d'accord sur un コオロギ (koorogi, cricri) apres que Junko ait longuement hesite sur une autre espece dont on a perdu le nom mais qui aurait ete decouverte par un certain Gallois. Ce qui nous permis de baptiser notre nouveau locataire : Mouchieu Galoa (prononciation a la Junko).

Gros plan sur Monsieur Gallois. Une jambe et une moitie d'antenne en moins. Il a fait la guerre ma parole !

On habite au quatrieme etage, relativement loin du plus proche carre de verdure. Je me demande bien comment il est arrive jusqu'ici ! En tout cas il va pas trouver grand chose pour survivre chez nous, alors hop dans une 'tite boite avec un bout de pomme jusqu'a demain. Il s'est aussitot pose sur la pomme et a commence a jouer de la mandibule. Le lendemain il etait toujours dessus apparemment en train de dormir.

Apres le boulot je l'ai emporte au parc le plus proche. Un conducteur de taxi qui pioncait a cote est venu voir ce que je traffiquais.
Comme il osait rien dire mais piaffait de venir voir, je lui lance "C'est un insecte que j'ai trouve dans mon appart" - "Ah bon, c'est quoi ca comme insecte ?" - "Ah bah ca j'en sais rien, je suis pas specialiste". Alors il est venu voir, il a ecarte les herbes avec son doigt gante de blanc immacule et "C'est un keramushi !" - "Ah bon" - "Si si, keramushi". Et en retournant en courant vers son taxi parce qu'un client etait venu : "Un keramushi, ke-ra-mu-shi !!!" - "Ah bon ok je vais me renseigner !"

Bye bye Monsieur Galois !
Tiens, et puis au fait ca me rappelle quelque chose tout ca : des bonds dans un tiroir, sur un autre blog, chez un autre expat de ce cote de la planete ... ;-)
Tags : Insecte, nuit
25 octobre 2008
Breves ...
En rentrant du boulot vers 23h dans le train entre Osaka et Kyoto. Arret a une station, les portes s'ouvrent, quelques passagers descendent. L'un d'eux part tout droit devant lui. A cet endroit la il y a au milieu du quai une mini salle d'attente. Apres coup je me suis dit qu'elle lui a peut etre sauve la vie, en l'empechant de traverser tout le quai jusqu'a la voie opposee. Aucun reflexe ne viendra ralentir, devier, influer sur sa trajectoire parfaitement droite et reguliere. Pas forcement rapide, non, mais parfaitement constante. C'est amusant de voir quelque part qu'aux frontieres de l'inconscience le cablage neuromoteur "marcher" est encore actif la ou le cablage "prender en compte obstacles" rend l'ame. Un neurologue y trouverait surement plein de chose a raconter, moi je me contenterai d'imaginer que notre bon vieil 'instinct' de survie preferrait nous voir jeter nos dernieres forces dans une fuite aveugle plutot qu'une analyse posee de notre environnement et nous a equippe d'un cerveau en consequence. Ainsi le corps du salaryman s'ecrase sur le mur de la salle d'attente. Ca fait du bruit un corps humain qui s'ecrase contre un mur. Meme a basse vitesse. Simplement si on l'y lance sans aucune retenue. Tout le monde se retourne et regarde le corps s'effondrant, tout droit, en arriere, sur le quai. La chute egalement se fera sans aucune retenue, le choc a probablement annihile les dernieres miettes de lucidite. Que le lecteur se rassure : cette belle histoire ne s'arretera pas la par une explosion cranienne sur un sol de beton. Le salaryman est resistant. Il a de l'endurance dans ce genre d'activite, disons. Les autres salaryman qui remontent le quai le regardent, sans ralentir. Un d'eux l'enjambe simplement. Un employe de la compagnie ferroviaire present sur le quai accourt vers le cadavre tout en faisant la gestuelle B.12 de son manuel des cas d'urgence, provoquant la mise en veille du processus 'train' par le controleur qui transmet l'information a son conducteur. L'employe s'enquiert du cadavre qui essaie de se relever. Il aimerait bien l'aider mais il est pas sur d'avoir vraiment bien le droit de le toucher, alors les deux bras tendus betements en avant il accompagne le mouvement en gardant les mains a 5 centimetre du salaryman, qui grogne. L'employe lui indique gentiment par ou se trouve la sortie. Le salaryman s'ebranle dans sa direction. Tout semble etre rentre dans l'ordre, l'employe s'empresse de relancer le train qui a deja pris un retard 'epouvantable'. Sur le quai qui s'eloigne je vois une derniere fois le salaryman par la vitre. Il s'est effondre par terre quelques metres plus loin, le regard vide, completement vide, la levre inferieure pendante, accroupie une main accrochee a un poteau du quai.
Ah il est beau mon salaryman japonais ...

(autres lieux autres temps, un salaryman effondre dans la rue, la fille du groupe essaye de le ranimer pendant que ses trois collegues regardent)
Tags : Alcool, Japonais, nuit, Trains
14 septembre 2008
Umeda Sky Building
On avait recu des billets d'entree gratuits pour nos clients a l'hotel et avait commence par s'en empocher un chacun bien sur pour aller visiter une des attractions de la ville d'Osaka : le 梅田スカイビル (umeda sukaibiru, le gratte-ciel d'Umeda). Il s'agit d'un immeuble de 173m de haut, le 7e plus haut d'Osaka, construit en 1988 et constitue de deux tours de 40 etages reliees par leur sommet par une plateforme accessible a tous. Cette plateforme porte le nom de 空中庭園展望台 (kuuchuuteientenboudai, Observatoire du jardin flottant) et son acces se fait par un escalator tendu dans le vide entre le dernier etage des deux tours et une grande ouverture circulaire dans la plateforme au dessus. Elle offre un splendide panorama sur la ville, depuis un etage exterieur et un interieur, et attire ses clients en jouant sur le theme "c'est-y pas romantique de venir declarer sa flamme dans un endroit pareil". Chaise bi-place, 'cadenas de l'amour', lunettes a porter a deux pour voir des petits coeurs partout, etc... De quoi attirer les filles de 15 ans chez nous, ici a 30 ca semble encore bien marcher. On y trouve aussi une boutique de souvenir, un restaurant et bien sur une agence de marriage. Reste donc des photos de la ville vue d'en haut, surtout si vous arrivez a y etre pendant un feu d'artifice ca vaut bien les 700 yen d'entree, sinon ...
Site officiel (en japonais) et Page wikipedia
Les photos :

L'eclairage de l'ouverture dans la plateforme ondule, vue d'en dessous on dirait vraiment une soucoupe volante !

Les chaises biplaces face au panorama pour amoureux

Le niveau exterieur a un sol parseme de gravier phosphorescent representant la voie lactee.

vue exterieur de l'escalator d'acces

la ou eu lieu le feu d'artifice de la Yodogawa, pas de doute il y en a qui ont du prendre des sacres photos en etant ici ! (si quelqu'un arrive a trouver une page web ou on peut en voir ... moi j'ai pas trouve)

Le secteur de la gare centrale

vue a travers les lunettes speciale, chaque point lumineux se fait encadrer par deux petits coeurs
Tags : Amour, Architecture, nuit, Osaka, Panorama
31 juillet 2008
Breves ...
La chaleur cuit l'ecorce des arbres. Autour du chateau Nijo, les pins sentent le pain d'epice.
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La nuit, le crissement des cigales passe le relais a celui d'insectes plus discrets au chant cristallin. On passe en mode veille jusqu'a demain matin ...

Tags : Ete, Nature, nuit, Odeur, Son


